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14/11/2017

La contestation n'entre pas dans le plan com' d'Emmanuel Macron

Rassemblement anti-macron - Condition Publique - 13 XI '&è.jpgDrôle de mésaventure que celle qui nous est arrivée ce matin et, dans une moindre mesure hier.

La métropole lilloise, et plus particulièrement les villes de Roubaix et Tourcoing a eu l'insigne honneur d'une visite présidentielle d'une petite vingtaine d'heures (nuit comprise).

Cette visite, consacrée essentiellement à la 'Politique de la Ville' participait d'un vaste plan com' destiné à faire oublier la baisse des APL, la suppression de l'ISF et la suppression des contrats aidés, en un mot, la posture 'Président des riches' adoptée depuis le début du mandat. Il fallait donc 'parler aux pauvres', et pour ce faire, trouver des lieux emblématiques dans deux des villes les plus pauvres de France, Roubaix et Tourcoing ;

- La Condition Publique, qui a vu passer près de 3 générations de milliers de travailleuSErs de toutes les origines, recevoir, trier, conditionner et expédier des tonnes de ballots de laine, coton et soie, et ont ainsi contribué à la richesse de Roubaix et de la métropole, devenue depuis 2004 un lieu culturel incontournable.

- Le Centre Social de La Bourgogne, réceptacle des nombreux problèmes sociaux d'un des quartiers les plus populaires de Tourcoing, confronté depuis son annonce pendant l'été par le ministre de l'action et des comptes publics et maire de la ville (aujourd'hui premier adjoint) à la baisse drastique des contrats aidés.

Parallèlement, des citoyeNEs, des organisations syndicales, des partis politiques, des associations ont organisé des rassemblements afin de rendre visible la contestation qui gronde sourdement dans le pays.

Au rassemblement de la Condi, un périmètre de sécurité contenait les trois ou quatre cents militantEs à 250m du bâtiment avant d'être étendu sans raison ni ménagement à 500 mètres. Seul le maire de Roubaix, dans sa limousine aux vitres fumées fermées a pu franchir le barrage, évitant tout contact avec les roubaisienNEs.

Au rassemblement de Tourcoing, les vingt-cinq CRS qui 'sécurisaient' le métro n'ont pas eu de mal a repérer mon sac à dos d'où dépassaient 5 drapeaux EELV. J'ai donc eu droit à un contrôle d'identité en règle, puis on m'a confiné dans un bout de la station 'Bourgogne', sévèrement gardé par cinq fonctionnaires en arme (euh, là, dites M. le ministre des comptes publics, vous en pensez quoi de l'équation économique?).

J'ai été rapidement rejoint par mon camarade Jean-Pierre qui se promenait de manière imprudente avec une casserole dans son sac à dos !

Puis, une bonne heure après notre camarade Mansour fermement accompagné est venu nous rejoindre. Son seul délit, avoir envoyé 'ben alors, vous êtes où ?' sur l'évènement Facebook du rassemblement... 2 fonctionnaires l'ont reconnu dans la foule et l'ont emmené nous rejoindre ! Big brother, are you there ? C'est peu après, soit environ une heure et demie après le début de notre séquestration, qu'un policier nous a informé que nous étions en 'rétention administrative'.

Enfin, nous avons vu arriver notre camarade Farid, pourtant plutôt proche de LREM !

Les faits étant exposés, le temps est venu de la réflexion.

Pourquoi, à Roubaix, un maire s'autorise t'il à ignorer sa population contenue à l'extérieur d'un périmètre de sécurité ?

Pourquoi un président de la République venu rencontrer le peuple se donne-t'il tant de mal à le refouler ?

Pourquoi ne pas laisser un espace à la contestation ?

Quelle est cette démocratie où l'on légifère par ordonnances et on muselle l'opposition ?

Pourquoi les policiers, en plus de nous 'retenir' nous abreuvent-ils de leur mépris et de leurs sarcasmes ?

Ce président a-t-il la conscience si peu tranquille pour avoir autant besoin de sécurité ?

Ces questions restent sans réponse aujourd'hui, mais ne cesseront dès lors de me trotter dans la tête...

 

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